Il y a trois ans, la mairie a posé quarante panneaux sur le toit de l'école. Le dossier promettait deux choses : de l'électricité et des économies. Je suis professeur ici. À la réunion, personne n'a lu le contrat jusqu'à la fin. Les panneaux sont arrivés en avril. Un écran dans le couloir montre leur production, et les élèves se sont arrêtés devant pendant trois semaines. En septembre, le directeur a reçu la facture. Elle était exactement la même que l'année d'avant. Le contrat expliquait pourquoi. Toute l'électricité des panneaux est vendue au réseau, et l'école achète son électricité comme avant. Les parents ont cru que l'école ne payait plus rien. Le directeur l'a expliqué trois fois. La mairie gagne environ deux mille euros par an avec ces panneaux. Cet argent entre dans le budget, pas dans l'école. Mais quelque chose a changé, et ce n'était dans aucune ligne du dossier. Ma classe est au premier étage, sous le toit. Avant, en juin, il faisait trente et un degrés à deux heures, et on fermait les rideaux. Depuis les panneaux, le toit reste à l'ombre. En juin dernier, j'ai mesuré vingt-sept degrés, à la même heure. Je l'ai dit au conseil. Le maire a trouvé ça intéressant, puis il est passé au point suivant. Maintenant, ma classe travaille avec les rideaux ouverts. C'est la seule chose que je peux mesurer, et la seule que les enfants voient.