Je prends le train de sept heures douze. Chaque matin, la même place : la fenêtre à gauche. Je connais ce côté. Trois champs, une rivière, un grand arbre sec. Ce mardi, un homme est à ma place. Il dort, le sac sur les jambes. Je ne dis rien. Je vais de l'autre côté du train. Ici, je vois la ville. Un mur jaune et une porte fermée. Derrière le mur, il y a un jardin avec des fleurs rouges. Ce jardin est nouveau pour moi. Je passe ici depuis quatre ans. Le train arrive. L'homme dort encore. Le matin suivant, ma place est libre. Je choisis l'autre côté.