Dans mon immeuble, il y a une liste sur le mur, à côté de l'escalier. Chaque mardi soir, un appartement sort les poubelles. Mon tour, c'est le premier mardi du mois. Mais quand je descends, les poubelles sont déjà dans la rue. Toujours. Pendant six mois, j'ai pensé que c'était le gardien. Mais il ne travaille pas le mardi. Alors, en mars, je suis sorti à huit heures. Monsieur Vasseur, du premier étage, tirait les poubelles vers la porte. « C'est mon tour », j'ai dit. Il n'a pas levé la tête. « Je sais. » Puis il a expliqué. Les gens sortent les poubelles à dix heures du soir. Les roues font du bruit sous sa fenêtre et après il n'arrive plus à dormir. « Alors je les sors avant la nuit », il a dit. Ce n'est pas un service. C'est pour son sommeil. Depuis, je descends aussi à huit heures. Nous tirons les poubelles ensemble. La liste est toujours sur le mur. Personne ne la regarde.