Je fais visiter une grotte peinte, dans le sud du pays. Huit visiteurs à la fois, dix visites par jour : quatre-vingts billets, et sur internet ils partent en quatre minutes. Les visiteurs croient que ce quota vient d'un bureau, pour le calme de la visite. Il vient d'un appareil posé contre la pierre, au fond de la dernière salle. Chaque visiteur qui entre laisse de la chaleur et de l'eau dans l'air. La pierre répond lentement : ce qu'elle reçoit en juillet, elle le rend en septembre. L'an dernier, le maire a demandé vingt visiteurs de plus par jour pour l'été. Il avait ses raisons, car les deux hôtels du village vivent de cette grotte. La chercheuse qui suit l'appareil a répondu une chose que personne n'attendait. La limite n'est pas un nombre par jour, c'est un nombre par année. Vingt de plus en juillet et en août, cela fait presque quatre mille visiteurs : il faut alors fermer la grotte en février et en mars. En février, ce sont les écoles qui viennent : onze classes, environ trois cents enfants. Chaque enfant paie trois euros quand un adulte en paie treize. Le maire est pragmatique. Il a posé la question qui comptait pour lui : est-ce que ces enfants dorment au village ? Non, ils arrivent en bus et partent avant midi. Mais les billets d'été partent déjà tous. Fermer en février ne donne rien de plus en juillet : cela enlève seulement trois cents visites au nombre de l'année. On n'a donc rien fermé. Les écoles réservent maintenant en janvier, avant les billets d'été, car elles sont les seules à pouvoir venir en hiver. Devant la porte, je dis le nombre du jour à haute voix. Quand il vient d'un appareil, personne ne discute ; quand il venait d'un bureau, tout le monde discutait.