En août, nous avons sorti les cartons du grenier. Ma mère vend la maison. Entre les photos, j'ai trouvé un papier dur. Une carte du village, avec une date : 1911. Sur la carte, une ligne noire traverse les champs, avec un dessin et un mot : gare. Chez nous, pas de gare. « La ligne a fermé après la guerre », a dit ma mère. « On a pris les rails. » Elle est retournée à ses cartons. Alors j'ai pris la carte dehors et j'ai suivi la ligne à pied. Elle passe derrière la ferme des Bihan et devient le chemin plat. Celui où je roule en vélo depuis l'enfance. Il est droit et il ne reste jamais mouillé. Au ruisseau, le pont de pierre est trop large pour un chemin. Le soir, j'ai demandé pourquoi elle n'en parlait jamais. « Pour toi, c'est une ancienne ligne de train », a dit ma mère. « Pour moi, c'est le chemin de l'école. »