Le vendredi, le train de cinq heures ne roule pas. Un car le remplace. Le car arrive toujours en retard à la gare. Vingt minutes, parfois trente. Les voyageurs ne sont pas contents. Un homme compte les minutes à voix haute, chaque semaine. Un vendredi, je me suis assise devant, derrière le chauffeur. Après une heure, le car a quitté la route et il est entré dans un petit village. Le chauffeur s'est arrêté devant une maison grise. Une dame âgée attendait à la fenêtre. Il lui a donné un paquet et un journal. Puis il a dit : « Le médecin est loin d'ici. » Nous avons continué. Le car s'est arrêté encore deux fois : une boîte de légumes, une lettre. À la gare, nous avions trente minutes de retard. Le chauffeur a rangé sa liste dans sa poche et il est parti sans rien dire. Maintenant, le vendredi, je ne regarde plus l'heure. Je choisis la place de devant.