Notre professeur de sciences a reçu six petits appareils par la poste. Un projet pour les écoles, une carte à remplir, rien de plus. Chaque appareil est un capteur d'air. Nous avons choisi six endroits : la route, le pont, le marché, le parc, la porte de l'école et la cour. Pendant deux mois, chaque appareil a mesuré l'air toutes les cinq minutes. Une fois par semaine, nous avons regardé les chiffres sur un écran. Le parc était propre. La route était moyenne. Rien de nouveau. Le plus mauvais chiffre ne venait pas de la route. Il venait de la cour, et toujours entre huit heures et huit heures vingt. Nous avons d'abord cherché une erreur dans l'appareil. Puis Lucie est sortie à huit heures dix. Devant la grille, quarante voitures attendaient, moteur en marche, pour laisser un enfant à vingt pas de la porte. Nous avons écrit trois pages et dessiné une courbe. Le directeur a trouvé le travail sérieux. Nous avons proposé de fermer la rue pendant dix minutes chaque matin. Les parents ont dit que c'était impossible en hiver. En janvier, le capteur de la cour a changé de place. On l'a mis du côté du jardin, et les chiffres sont devenus normaux. Le professeur a gardé les anciens chiffres dans un dossier. Il dit qu'un capteur ne mesure que l'endroit où on le pose.