Chaque jeudi matin, mon vélo n'était pas à sa place. Toujours deux pas plus loin, contre le mur du garage. Au début, j'ai pensé au voisin du premier. Il n'est jamais content : le bruit, les sacs, la cour. Alors j'ai collé un mot sur la porte du garage : « Merci de laisser mon vélo où il est. » Le mercredi suivant, il y avait une réponse sous mon papier. Sept mots, avec un stylo bleu. « Le camion des poubelles passe le jeudi matin. » J'ai lu la phrase deux fois. Le garage a une seule porte, et les poubelles sortent par là. Mon vélo bloquait le passage depuis des mois. Quelqu'un le déplaçait à six heures, sans rien dire. J'ai cherché le stylo bleu sur les listes du hall. Je n'ai rien trouvé. Maintenant je descends mon vélo le mercredi soir, deux pas vers la gauche. Je ne sais toujours pas qui remercier.