Cet été, j'ai fait un stage dans un atelier de vélos. Trois semaines, en juillet. Le patron s'appelle Kader. Il ouvre à huit heures, mais il arrive à sept. Le premier jeudi, une cliente est venue chercher son vélo. Elle a regardé la roue et m'a remercié longtemps. Je n'ai pas touché à cette roue. Kader l'a réparée le matin, avant moi. « C'est lui qui l'a faite », a dit Kader. J'ai voulu expliquer. Kader m'a regardé et je n'ai rien dit. Après, c'était toujours la même chose. Chaque client me disait merci pour des chaînes et des pneus. Je regardais Kader, Kader regardait la porte. Le dernier vendredi, j'ai demandé pourquoi. « En septembre, je ferme deux jours par semaine », a dit Kader. « Le samedi, c'est toi. Les clients doivent connaître ton nom. » Ce n'était pas un cadeau. C'était du travail pour plus tard. Maintenant, le samedi, j'arrive à sept heures aussi. Je veux voir ce que Kader fait aux roues.